Histoire du Westie

 

 

Son Histoire

 

Le Westie, enfant de la brume

(source : Livre « le Westie » aux éditions Artemis)

 

Un terroir, un climat, des hommes, une fonction. Tels sont les paramètres indispensables à la naissance de toute race canine. Notre cher westie n'échappe pas à la règle. Et dans ses yeux, c'est quelques centaines d'années d'une histoire tourmentée qu'il faut savoir lire. Pour mieux le comprendre. Pour mieux l'aimer.

West Highland White Terrier. Ce nom à lui seul, tellement riche d'information, signe un acte de naissance tant il en dévoile sur les origines de ce chien.

Le terroir, tout d'abord. Ce sont les West Highlands, ces hautes terres de l'Ouest, une des principales régions écossaises. Ce plateau, en s'affaissant dans l'océan Atlantique, a été rongé par l'érosion. Il a laissé place à un relief accidenté, des pics rocheux, un sol rocailleux et un littoral déchiqueté, parsemé de quelque cinq cents îlots de l'archipel des Hébrides. Le tout forme une région où le majestueux le dispute à l'hostile.

Le climat ? Nous sommes au nord de l'Europe, sur la côte ouest batture par les vents. Autant dire que le climat est rude, que les hivers sont longs, la brume tenace, la pluie persistante, même aux beaux jours.

Les hommes ? Les fameux Highlanders bien sûr. Ils sont les descendants de ces irlandais du Nord qui ont envahi les Highlands et les îles avoisinantes dès le IVème ou le Vème siècle. On les affublait alors du nom de Scots qui signifiait brigand ou bandit. Fidèles au système tribal importé d'Irlande, ces Highlanders vivaient en clans (clan signifie « enfant »). Tous les hommes d'un même clan portaient le même nom de famille et se réclamaient d'une même souche. Ils attachaient une importance capitale à leu généalogie et cela va de pair à leur honneur.

 

Dans les clans de Highlanders

Chaque clan avait son chef, son barde, chargé de conter les récits historiques des ancêtres, et son joueur de cornemuse. Dans ce système patriarcal, les chefs de clan avaient droit de vie et de mort sur leurs hommes. Ils vivaient selon leurs propres lois et n'éprouvaient aucun respect pour le pouvoir central en place. Un el système ne pouvait que contribuer à l'isolement des Highlanders ainsi qu'a leur farouche opposition aux habitants des Lowlands, les terres basses du sud, où résidait la majorité de la population.

En effet, on y considérait les Highlanders comme des sauvages et des barbares sanguinaires : ces derniers ne parlaient pas l'anglais mais l'irlandais, s'habillaient de peaux de bêtes et de tissus bariolés, volaient le bétail et passaient leur vie à boire ou à faire la guerre.

La guerre, il est vrai, semblait bien constituer l'occupation favorite des Highlanders. Que ce soir contre d'autres clans ou contre le pouvoir en place, au travers de ses représentants, les Highlanders aimaient en découdre. La situation devient tellement ingérable qu'en 1745, la Couronne se mit à les persécuter et fit voter le fameux Desarming act, qui punissait la détention d'armes, le port du kilt et même l'usage de la cornemuse. Ainsi prit fin le temps des clans quel tant d'Ecossais restent encore aujourd'hui secrètement fidèles. Il fallut attendre 1782 pour que le gouvernement redevienne plus clément envers les Highlanders et leur rende les terres confisquées.

 

Au pays des black faces

Cette époque marque une évolution radicale du mode de vie des Highlanders. Finie la barbarie, les nouveaux Highlanders se préoccupent de mettre en valeur leur domaine et d'en exploiter les richesses. Et surtout, fait marquant dans l'histoire du west highland white terrier, ils délaissent l'élevage des bovins, notamment ces vaches noires à poils longs des Highlands, les kyloes, pour lui préférer celui du mouton.

On y découvrit que le « black fac », le mouton à tête noire, pouvait survivre l'hiver dans les collines des Highlands. En outre, par rapport aux bovins, le mouton produisait deux fois plus de viande sur la même superficie. Il offrait de surcroît une superbe laine.

Le mouton ne présentait pour nos Highlanders de la fin du XVIIIème siècle qu'un seul inconvénient : celui de constituer pour les renards, qui infestaient la région, une proie somme toute assez facile.

Pour protéger les ovins, des chasseurs de renards étaient engagés de façon permanente. Ils percevaient un salaire annuel et les fermiers qui les employaient devaient aussi nourrir leurs chiens, des animaux sans doute identiques à ceux qu'ils sélectionnaient pour protéger le gibier et le poulailler des innombrables nuisibles : loutres, blaireaux, chats sauvages, putois, rats, souris et renards bien sûr. Ces derniers, des renards de montagne, étaient très gros et pouvaient s'attaquer aux agneaux et aux grouses.

 

Un terrier en robe de couleur

Pour pouvoir dénicher le renard dans son terrier, et l'y tuer, il fallait un chien à pattes courtes, capable de ramper sous terre, un earth dogge (chien de la terre) ou terriere (dont l'origine latine semble être aussi bien terra, la terre, que terrere, mettre en fuite). Ce terrier originel existait sans doute depuis longtemps. Véritable scottisch terrier, il est l'ancêtre commun du skye terrier, du dandie dinmont terrier, du scottish terrier, du cairn terrier et de notre west highland white terrier actuel.

Dôté de mâchoires puissantes, d'un regard perçant, il était aussi particulièrement agile, vif et téméraire. Le plus souvent bringé clair, sa robe pouvait cependant revêtir de multiples couleurs, du noir au crème en passant par le rouge, le fauve, le froment doré ou clair, le sable.

Il arrivait aussi que le scotch terrier soit blanc. Mais cette couleur n'était pas particulièrement prisée, au contraire, il est probable que les chiots de cette couleur étaient sacrifiés.

A l'époque, chasser ave un chien blanc relevait de l'hérésie, et cette couleur, lorsqu'elle apparaissait dans une portée, était considérée comme une véritable malformation génétique.


Le scotch blanc au goût du jour

Il faudra l'avènement des expositions canines et la naissance de critères plus esthétiques pour que le blanc acquière enfin ses lettres de noblesse. En fait, le scotch terrier ressemblait plutôt à un cairn terrier au poil long mais plus dur.

Les oreilles pouvaient être droites ou semi-tombantes et parfois même taillées. Moins bombée que celle du cairn actuel, avec un chanfrein plus long, la tête du scotch était nettement moins typée. La ligne de dos n'était pas aussi droite.

Mais un Highlander de l'époque ne se serait pas attardé sur ces détails anatomiques si vous lui aviez demandé de vous décrire son chien. L'esthétique constituait le cadet de ses soucis. Seule sont aptitude à la chasse importait. Il vous aurait plutôt dit : « c'est un tueur de vermine à l'odorat très développé et à la voix au timbre clair ; actif, rapide, téméraire, tenace, persévérant, intelligent, il peut rester très longtemps sous terre, il périra s'il le faut avec sa proie mais ne reculera jamais. »


Le westie, un cadeau royal

Jacques VI d'Ecosse (Jacques 1er d'Angleterre) n'aimait guère les Highlanders qui lui opposaient une trop grande résistance. Et pourtant, ils avaient droit à une haute estime s'agissant de leurs chiens puisque le souverain décida d'envoyer six earth dogges terriers chez son ami le roi de France Henri IV.

Cette anecdote est reprise aussi bien dans l'histoire du westie que dans celle du cairn, mais si l'on beut tirer la couverture à soi ou plutôt au westie, on peut retenir les arguments suivants :

  • Les scotch terrier étaient très communs alors que les terriers blacs étaient rarissimes;
  • Les chiens blancs étaient très prisés dans les cours;
  • Jacques VI avait précisé que les chiens devaient être chois en Argyllshire (or les villes côtières de Poltalloch et Roseneath sont également situées en Angleterre).

 

Un chien infatigable et courageux

C'est précisément ce courage que les chasseurs de renards et les gardes-chasses appréciaient par-dessus tout.

Car le travail des scotchs, à l'époque, n'était pas de tout repos. En effet, lorsqu'une tanière de renard était repérée, le garde-chasse en était informé, puis se déplaçait avec ses chiens et son fusil. Les chiens étaient lâchés dans le terrier et contraignaient le renard à sortir. Il suffisait alors de le tirer. Il arrivait encore que le garde-chasse capture les renards et surtout les renardeaux. Il arrivait encore que l'on veuille simplement capturer les renards et surtout les renardeaux. Non pas pour les épargner, mais plutôt pour les revendre dans le sud de l'Angleterre, où sévissait une pénurie de renards pour la chasse à courre.

En effet, si, en Ecosse, on chassait par nécessité pour limiter la prolifération des nuisibles, la chasse devenait un simple sport au sud de l'Angleterre. Pratiquées par des aristocrates, ces chasses pouvaient rassembler des centaines de cavaliers aidés d'impressionnantes meutes de chiens courants. Ces chasses atteignaient leur paroxysme au moment de la course après le renard. Parfois, celui-ci atteignait le terrier et s'y refugiait. Et là, tout s'arrêtait : les chevaux piétinaient, les nobles s'ennuyaient. Pour que la chasse se poursuive, il fallait forcer le renard à sortir au plus vite de son refuge.


Débusquer le renard sans le tuer

Pour y arriver, les chasseurs avaient alors recours à des chiens terriers, mais bien différents de ceux des Highlanders. Dotés d'un poil lisse, ils étaient surtout réputés pour leur légèreté. U détail indispensable car ils étaient transportés dans un parc accroché à la selle des cavaliers. Ces chiens étaient les ancêtres du fox-terrier et du jack-russel d'aujourd'hui lâchés dans le terrier, ils devaient faire sortir le renard. S'ils n'y parvenaient pas, leurs aboiements devaient guider les chasseurs qui se mettaient alors à creuser. Mais en aucun cas, ces chiens ne devaient tuer le renard. Les chasseurs n'auraient pas apprécié de creuser aussi longtemps pour finalement trouver un renard agonisant ou mort.

Ces chasses sportives pouvaient prendre un tour très barbare. C'est ainsi que, lorsque le terrier sortait de la tanière, couvert de boue et empestant le renard, les chasseurs impatients pouvaient le prendre pour  cible. Les chiens courants pouvaient aussi connaître la même mégarde. De ce fait, en Angleterre, certains chasseurs préféraient utiliser des terriers au poil blanc pour évite ces confusions fatales.



Un terrier écossais n'est pas anglais

Mais revenons à l'Ecosse, son relief escarpé et ses énormes amas de roches appelés cairns. Lorsqu'un renard y trouve refuge, il n'est question ni de creuser ni de déplacer des roches pouvant peser plusieurs tonnes. Le chien doit sortir le renard de son terrier ou le tuer. Cela explique l'essentiel des différences anatomiques entre terriers anglais et écossais, notamment la mâchoire impressionnante de ces derniers par rapport à celle de leurs cousins.

Le relief des Highlands interdisait toute pratique de la chasse à courre, et donc l'utilisation de meutes de chiens courants.

Les chasseurs ne pouvaient compter que sur leur scotch terrier. Celui-ci devait donc cumuler nombre de qualités, parfois contradictoires : être suffisamment endurant pour supporter toute une journée de travail en Ecosse, tout en ayant des pattes assez courtes pour pouvoir se glisser dans un terrier ; assez agile pour escalader les reliefs, mais assez solide pour affronter un renard dans un corps à corps souvent redoutable.

Et le renard n'était pas ce qu'il y avait de pire. Les scotch terriers pouvaient parfois se retrouver face à un blaireau, aux griffes encore plus meurtrières. Mais c'était surtout d'un courage colossal que devaient être dotés ces petits chiens pour affronter tant de dangereux « nuisibles ». C'était d'ailleurs le critère n°1 de sélection.

 

 

 

 

 

Un chien de l'invincible Armada

Par quel mystère de la nature des chiots de couleur blanche seraient-ils apparus au hasard des portées de scotch terriers ? La question a fait couleur beaucoup d'encre et donne lieu à nombre de supputations plus ou moins fantaisistes.

Excluons d'entrée la thèse de l'accident génétique. Il semble en effet bien improbable qu'un tel accident ait pu se reproduire ainsi à de multiples reprises jusqu'à ce que les précurseurs de la race parviennent à fixer cette tare.

De toutes les thèses en vigueur, celle qui semble le plus crédible nous ramène au naufrage, en 1588, sur les îles au nord ouest de l'Ecosse de l'invincible Armada.

Avec les bateaux, ce sont aussi des hommes d'équipage et aussi les animaux qui les accompagnaient qui allaient s'échouer.

Parmi ces derniers, ce trouvaient notamment des bichons maltais. A l'époque, en effet, les marins avaient coutume d'emmener à bord des chiens de petite taille pour chasser les rats et les souris qui menaçaient les ravitaillements entassés dans les cales.

Et c'est justement au bichon maltais que revenait le plus couramment cette tâche. Certes, ce n'est pas le bichon maltais que l'on connait aujourd'hui. D'ailleurs, on ne l'appelait pas bichon maltais mais terrier maltais. Plus rustique, plus costaud, ce chien capable d'exterminer les rongeurs avait aussi le poil moins fourni. Mais déjà sa robe était blanche.

 


Un redoutable tueur de vermine

Pour sélectionner les chiots dès leur plus jeune âge, les chasseurs pouvaient aller jusqu'à les jeter dans un tonneau avec un jeune blaireau. Si le chien ne sortait pas vivant, c'est qu'il n'était pas assez résistant pour la vie dans les Highlands.

Les scotch terriers étaient donc appréciés de tout les Highlanders comme de redoutables tueurs de vermine.

Mais, tous les Highlanders vivaient encore dans l'esprit du clan et, relief oblige, les communications n'étaient pas aisées. Ainsi chaque région avait-elle son propre scotch terrier, et même si tous possédaient un poil dur et des pattes courtes, ils variaient sensiblement dans le type.

C'est tellement vrai que lorsque les premières expositions canines apparurent vers 1860, les classes pour scotch terriers accueillaient des chiens complètement hétérogènes.

Chaque exposant prétendait détenir le véritable scotch terrier, on frisait l'émeute à chaque fois. Pour comprendre cette fierté, il faut se souvenir que les Highlanders sont toujours férus de généalogie : chaque clan chérissait ses ancêtres au point de pouvoir les connaitre sur de nombreuses générations.

Toujours prêts à prouver que leur sang était plus royal que celui des autres clans, les Highlanders avaient les mêmes certitudes en ce qui concernait leurs chiens.


La naissance du Westie

Au gré des portées de terriers apparaissent de temps en temps des chiots blancs. La plus part du temps pourtant ces chiots étaient éliminés. Ils étaient considérés comme un signe d'impureté dans une race et souffraient d'une réputation de fragilité et de moindre résistance. On leur reprochait aussi d'être moins bons chasseurs.

 


Le chien blanc se voit de loin

Heureusement la famille Malcolm de Poltalloch, de riches propriétaires terriens installés en Argyllshire, ne partageait pas ces idées reçues.

Mieux encore, le jeune Edward Donald Malcolm avait même décidé de ne chasser qu'avec des chiens blancs ou du moins très clairs.

Lors d'une partie de chasse, en effet, son terrier fauve préféré, confondu avec un renard, avait été abattu. Pour éviter que ce genre d'accident ne se reproduise, il avait donc admis comme principe de ne sélectionner que des chiens blancs.

A sa plus grande satisfaction d'ailleurs, car il s'est bien vite aperçu que sa meute de chiens blancs était aussi douée pour la chasse que les autres terriers de couleur fauve. En plus, ces chiens étaient visible de loin.

A la mort de son frère aîné, Edward, qui avait embrassé la carrière militaire pour devenir colonel hérita du titre de Lord de Paltalloch. Il usa alors de toute son influence pour promouvoir ses terriers blancs à la chasse.

Si, modestie oblige, le bon colonel affirmait que ses chiens n'étaient finalement que les descendants de ses vieux terriers des Highlands qui avaient toujours existé, le public, quant à lui, connaissait déjà sous le nom de Poltalloch terrier et parfois même de White Poltalloch terriers.

 

 

L'engouement pour la robe blanche

Au même moment, à moins d'une centaines de kilomètres de Poltalloch, à Roseneath, toujours en Argyllshire, un autre homme d'influence, le Duc d'Argyll, aidé de son garde-chasse George Clark, sélectionnait lui aussi une variété blanche dans ses portées à poil dur. Ses chiens étaient connus sous le nom de Roseneath terriers.

Les deux variétés, Poltalloch terrier et Roseneath terrier, devaient être très semblables puisqu'il arrivait qu'on inverse les appellations. Un troisième personnage, le Dr Flaxman, s'intéressait lui aussi à la variété blanche. Une de ses femelles scottisch donnait naissance dans chacune de ses portées à un ou plusieurs chiots blancs.

Au début, fidèle aux coutumes de l'époque, il les noyait. Il ne se décida à les sélectionner que lorsque la couleur blanche devint plus à la mode, et voulut leur donner le nom de White scottisch terrier.

Mais bien entendu, les protégés du Dr Flaxman différaient en type de ceux du colonel Malcolm et du Duc d'Argyll. D'ailleurs, Edward Malcolm of Poltalloch et le Dr Flaxman ne s'appréciaient guère.

Le premier ne pouvait se résoudre à admettre que ses chiens soient considérés seulement comme une sous variété de scottisch, au corps près du sol et à la tête longue.

 

 

Les débuts du Westie en 1905

Le colonel eut gain de cause et c'est son type qui prévalut dans l'élaboration du standard ; le nom de West Highland White Terrier fut officialisé en 1905 avec la création d'un club écossais, donc le président était le Duc d'Argyll, et la création d'un club anglais, dont le président était la Comtesse d'Aberdeen, et le vice président, le colonel Malcolm (qui, par la suite, devint président).

 



 

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